Ca jacasse à Eranos. Sortez quelques minutes, décrochez, éloignez-vous, venez prendre un café dans un fauteuil rouge et discuter de ce que cela veut dire "être un bon contemporain", en regardant baisser la lumière.

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Le plan et la carte
Retranscription de la lecture donnée le 5 juin 2008 à la Libreria Croce de Rome par Michaël V. Dandrieux.
Testo a fronte : fr/it.
14 juin 2007 (00:00)

Mesdames et messieurs,

Je ne sais pas si le fait d’écorcher la langue de ceux à qui l’on donne une lecture ou à qui l’on demande de l’attention est un acte de politesse ou de mauvaise éducation. Je ne sais non plus si c’est être très fidèle à la tradition Française, mais je ne résiste pas au petit théâtre de la traduction, même si cela m’oblige à lire mon texte et à compter sur votre bienveillance pour le corriger ou l’enrichir.

Les mythologies du quotidien

Je dois confesser que cela me plait de voir des mots qui ont été les miens, que j’ai utilisés pour mentir ou que je me suis entendu dire sans m’en rendre compte, représentés tant bien que mal dans une langue qui n’est pas la mienne et que j’aime cependant.

C’est à chaque fois une surprise, et sans doute est-ce une sorte de surprise que vous connaissez aussi, car il n’y a pas que dans le domaine de la traduction que nous sommes amenées à transporter une chose ou à la multiplier, et qu’en se multipliant cette chose change et nous surprend. Nous avons tous ici connu la cassette à bande magnétique, la photocopie, le papier carbone, les clefs, qui se dégradent à chaque génération.

Notre professeur au Centre d’Etude sur l’Actuel et le Quotidien, le Professeur Michel Maffesoli, nous rend souvent attentifs aux petites choses et aux futilités de tous les jours, car c’est ainsi que s’établissent les mythologies et la culture : par le contact quotidien avec des choses que nous acceptons et que nous ne réfléchissons pas, parce qu’elles nous semblent évidentes. Et il n’est pas impossible que ces actes quotidiens de copie ou de reproduction mobilisent un imaginaire vieux comme le monde, ou vieux comme les hommes, actualisé par les technologies digitales. C’est ce dont je voudrais parler dans cette courte lecture, qui, si je ne me trompe pas, s’intitule le plan et carte.

L’idée de la fidélité

Au centre de l’imaginaire de la copie se trouve le fantasme de la fidélité de la copie à l’original. Dans le domaine de la traduction, qui ne nous intéresse pas trop ce soir, les exemples sont infinis.

En effet, il y eut une époque ou traduire un texte revenait à faire ce que nous appelons aujourd’hui une adaptation libre. Certains exemples, (je pense au Rubaiyat d’Omar Khayyam, traduit par d’Edward Fitzgerald) se trouvent certainement dans les rayonnages de cette librairie. Si on l’ouvrait, on se rendrait compte que la traduction ne ressemble pas à l’original. L’ordre des quatrains et les métaphores ont été modifiées, mais cela n’était pas un problème au siècle de Fitzgerald, et les conventions littéraires ont beaucoup changé en deux cents ans. Aujourd’hui, cela serait difficile à imaginer.

Paradoxalement, l’Europe est très redevable de ses traducteurs, mais aussi très ingrate envers leur travail. La langue italienne a cet adage « traduttore, traditore », qui est si répandu qu’il doit avoir un fond de vérité. L’histoire Française a connu les traductions sans scrupules et merveilleuses de Nicolas Perrot d’Ablancourt, que les Lumières ont ardemment combattu. Un homme dit un jour de ces traductions qu’elles lui rappelaient une femme, aimée jadis, qui était « belle mais infidèle ».

La traduction littérale

Ainsi, nous pensons naturellement que l’infidélité en la matière est un vice. J’ai lu quelque part cette idée - je n’en suis pas certain, parce que je ne suis pas historien, c’est pourquoi je la livre telle quelle - l’idée est que les traductions littérales, le fait de traduire un texte mot à mot, nous vient des traducteurs des saintes écritures.

St Jérôme, qui est devenu le Saint Patron des traducteurs, déconseillait la traduction mot-à-mot sauf pour traduire les Saintes Ecritures, parce que, dans les saintes écritures, qui sont l’oeuvre d’une intelligence infinie, chaque mot, chaque lettre, a une place précise et secrète, qu’aucun homme ne peut altérer, sous peine de corrompre l’original.

Le fantasme de l’original

Car derrière cette hésitation de l’homme d’église se trouve l’un des mythes les plus ancien de la civilisation occidentale : le mythe de l’original, l’idée que le texte ou le monde qui nous fait face répond à un plan initial.

Le sociologue Vincenzo Susca, avec qui j’ai la chance de partager cette table, fit une remarque très judicieuse à ce sujet. Il dit que le mythe de l’original ne peut exister que dans sa propre eschatologie, c’est-à-dire au sein d’une histoire qui le condamne à la corruption. Car si l’original peut être copié de manière parfaite, alors il n’y a plus d’original, ou toutes les copies sont originales.

Des générations infinies d’originaux

Et c’est cette chose qui est en train de changer. Car les technologies digitales permettent de multiplier à l’infini une chanson, une image ou un film. Il est possible de réaliser ce vieux fantasme, aussi absurde soit-il, de la carte à l’échelle 1:1, de la carte qui coïncide en tous points avec le plan. Aujourd’hui, cette copie parfaite ne surprend personne, mais avant le digital, l’idée de multiplier parfaitement quoi que ce soit avait quelque chose d’un peu monstrueux. Il y a une phrase que j’ai lue, une belle phrase de Borges, qui disait que les miroirs et la reproduction sont deux choses abominables, parce qu’ils multiplient et divulguent le nombre des hommes.

Ainsi, avec notre pratique quotidienne du numérique, arrivent deux nouvelles idées. La première : qu’il n’y a pas d’originaux, ou qu’il n’est plus possible de remonter jusqu’au plan original et que se succèdent donc des générations infinies d’originaux.

La seconde, qu’il est possible de créer de nombreuses cartes de ces informations copiées et agrégées et qu’aucune d’elle n’est plus fidèle que l’autre.

De nouveaux espaces et de nouvelles cartes

Vous trouverez sur Internet des cartes sémantiques, des cartes où les rapports de taille indiquent l’intensité des échanges, des cartes où le rayon des sphères indiquent le nombre de copies d’une news et bien sûr des cartes du monde, des représentations du monde, qui choisissent d’en représenter la liberté de créer.

Je me souviens qu’en France, nous avons eu une expérience précurseur à ce sujet. Cela s’appelait le Deuxième Monde et s’est produit dans les années 95. Mais à l’époque, dans le Deuxième Monde, on ne pouvait rien faire si l’éditeur n’était pas d’accord. Ce qui se passe avec Second Life est différent : le commerce est au centre de Second Life. Pas seulement le commerce marchand, mais aussi le commerce des valeurs, le commerce des affects, et la liberté de faire et de recevoir l’appréciation des autres.

Outil et espace

Pour comprendre les phénomènes d’afoulement et de dépense de temps en ligne, Stéphane Hugon, qui dirige depuis maintenant sept ans le Groupe de Recherche sur les Technologies et le Quotidien, utilise une très belle théorie. Il dit que les technologies en réseau ne doivent pas être vues comme des outils, mais comme des espaces. Bien avant le ciel, les ponts et les textures de Second Life, Stéphane Hugon parlait de paysages pour parler de l’Internet.

Si nous suivons son intuition, On ne va pas sur Second Life pour faire de l’argent, ou pour supporter Jean-Marie Le Pen. Dans les communautés « Fetish » que j’ai un peu étudiées, il y a un soumis dont l’avatar y est immobilisé dans une sorte de machine, et ne peut ni sortir, ni se déplacer, ni parler. Et cependant le joueur se connecte et regarde ce qui se passe autour de lui, comme il le fait dans sa vie de soumis hors du réseau. On va sur Second Life pour être quelque part, quitte à ne rien y faire, du moment que le lieu fait lien avec les autres.

Il faut croire qu’il y a quelque chose de ludique dans le simple fait de reproduire et d’essayer d’autres espaces. Finalement, lorsque j’ai commencé par dire mon plaisir de parler Italien (et j’espère ne pas vous avoir trop chagriné), je n’étais pas si loin de ma conclusion. Car c’est cette chose que j’essaie de dire laborieusement, cette idée que dans le simple fait d’habiter, d’investir une autre langue avec ses propres mots ou de peupler un monde virtuel de murs, de structures sociales, de devises et de valeurs foncières, il y a un grand amusement, un jeu avec les rapports, avec les échelles, qui est très humain. Je crois que, pour Calderon de la Barca, chaque homme est une carte du monde, je crois qu’il dit « un monde en miniature ».

Il a été dit de nombreuses fois que le temps passé sur World of Warcraft ou Second Life, ou le chat était du temps perdu, parce que les échanges qui s’y déroulent sont vides. Je pense au contraire que le fait que ce temps soit immense est un message à part entière.

La politique

Une dernière chose. Vous aurez remarqué que j’ai pris soin de ne pas parler de politique. C’est que je voudrais ne pas dire d’autres sottises. Lors des élections présidentielles, mon pays s’est massivement mobilisé pour voter, pour intensifier les rumeurs de la presse et des blogs, et pour falsifier les données de Wikipédia en faveur de tel camp ou de tel autre. Dans cette mobilisation, il y avait une vraie énergie, une grande énergie. Je soupçonne que cette énergie a moins à voir avec le projet politique qu’avec avec un désir d’être ensemble. Dès lors, je ne m’étonne pas de voir la politique, au même titre que le poker ou les recettes de cuisine, investir Second Life.

Je me souviens d’avoir lu la question qu’un homme fatigué posa à un protagoniste du futur. Le premier demanda ce qu’étaient devenus les gouvernements. L’autre répondit : « la tradition veut qu’ils soient tombés petit à petit dans la désuétude. Ils procédaient à des élections, ils déclaraient des guerres, ils établissaient des impôts, ils confisquaient des fortunes, ils ordonnaient des arrestations et prétendaient imposer la censure, mais personne au fond ne s’en souciait. La presse cessa de publier leurs discours et leurs photographies. Les hommes politiques durent se mettre à exercer des métiers honnêtes ; certains devinrent de bons comédiens ou de bons guérisseurs. La réalité aura sans doute été plus compliquées que le résumé que j’en donne.”


Signore e signori,

Non so se il fatto di corrompere la lingua di coloro ai quali si dà una lettura o ai quali si chiede attenzione è un atto di cortesia o di maleducazione. Non so neppure se è essere molto fedele alla tradizione francese, ma non resisto al teatro della traduzione, anche se ciò mi obbliga a leggere il mio testo e contare sulla vostra benevolenza per correggerlo o arricchirlo.

Les mythologies du quotidien

Devo confessare che mi piace vedere parole che sono state mie, che ho utilizzato per mentire o che mi sono sentito dire senza rendermene conto, rappresentati, alla meno peggio, in una lingua che non è la mia e che tuttavia amo.

È ogni volta una sorpresa, e senza dubbio è un tipo di sorpresa che pure conoscete, poiché non è soltanto nell’àmbito della traduzione che siamo portati a trasportare una cosa o moltiplicarla, è che moltiplicandosi questa cosa cambia e vi sorprende. Tutti abbiamo qui conosciuto l’audiocassetta, la fotocopia, la carta carbone, le chiavi, che si deteriorano ad ogni generazione.

Nostro professore al centro di studio sull’attuale ed il quotidiano, il professore Michel Maffesoli, ci rende spesso attenti alle piccole cose ed alle futilità di tutti i giorni, poiché così si stabiliscono le mitologie e la cultura: con il contatto quotidiano con cose che accettiamo e che non riflettiamo, perché ci sembrano ovvie. E non è impossibile che questi atti quotidiani di copia o di riproduzione mobilitano un immaginario vecchio come il mondo, o vecchio come gli uomini, attualizzato dalle tecnologie digitali. È ciò di cui vorrei parlare in questa breve lettura, che, se non mi sbaglio, si intitola la piantina e la carta.

L’idée de la fidelité

Al centro dell’immaginario della copia si trova il fantasma della fedeltà della copia all’originale. Nel settore della traduzione, che non ci interessa troppo questa sera, gli esempi sono infiniti.

Infatti, c’è stata un’epoca in cui tradurre un testo significava ciò che chiamiamo oggi un adattamento libero. Alcuni esempi, (penso al Rubaiyat di Omar Khayyam, tradotto da Edward Fitzgerald) si trovano certamente negli scaffali di questa libreria. Se li si aprisse, ci si renderebbe conto che la traduzione non somiglia all’originale. L’ordine delle quartine e le metafore sono stati modificati, ma ciò non era un problema nel secolo di Fitzgerald, e le convenzioni letterarie sono molto cambiate in duecento anni. Oggi, ciò sarebbe difficile da immaginare.

Paradossalmente, l’Europa deve tanto ai suoi traduttori, quanto è ingrata verso il loro lavoro. La lingua italiana ha questo modo di dire “traduttore, traditore”, che è così diffuso che deve avere un fondo di verità. La storia francese ha conosciuto le traduzioni senza scrupoli e meravigliose di Nicolas Perrot d’Ablancourt, che l’illuminismo ha combattuto. Un giorno un uomo dice di queste traduzioni che gli richiamavano una donna, amata precedentemente, che era “bella ma infedele”.

La traduction littérale

Così, pensiamo naturalmente che l’infedelta’ sia un difetto. Ho letto da qualche parte quest’idea - ne non sono certo, perché non sono storico, è per questo che la riporto tale e quale - l’idea è che le traduzioni letterali, il fatto di tradurre un testo alla lettera, derivano dai traduttori delle sacre scritture.

St Jérôme, che è diventato il santo dei traduttori, sconsigliava la traduzione letterale salvo tradurre le sacre scritture, perché, nelle sacre scritture, che sono l’opera di un’intelligenza infinita, ogni parola, ogni lettera, hanno un posto preciso e segreto, che nessun uomo può alterare, pena corrompere l’originale.

Le fantasme de l’original

Dietro quest’esitazione dell’uomo di chiesa si trova uno dei miti più vecchi della civilizzazione occidentale: il mito dell’originale, l’idea che il testo o il mondo che ci sta di fronte risponde ad un piano iniziale.

Il sociologo Vincenzo Susca, con cui ho la fortuna di condividere questa tavola, ha fatto un’osservazione molto acuta a questo riguardo. Dice che il mito dell’originale può esistere soltanto nella sua escatologia, cioè nell’ambito di una storia che lo condanna alla corruzione. Poiché se l’originale può essere copiato in modo perfetto, allora non ci sono più originali, o tutte le copie sono originali.

Des générations infinies d’originaux

Ed è questa cosa che sta cambiando. Poiché le tecnologie digitali permettono di moltiplicare a l’infinito una canzone, un’immagine o un film. È possibile realizzare questo vecchio fantasma, così assurdo della carta in scala 1:1, della carta che coincide in qualsiasi punto con il piano. Oggi, questa copia perfetta non sorprende nessuno, ma prima del digitale, l’idea di moltiplicare perfettamente qualsiasi cosa sapeva un po’di mostruoso. C’è una frase che ho letto, una bella frase di Borges, che diceva che gli specchi e la copula sono abominevoli, poiché moltiplicano e divulgano il numero degli uomini.

Così, con la nostra pratica quotidiana del digitale, arrivano due nuove idee. La prima: che non ci sono originali, o che non è più possibile risalire fino al piano originale e che si succedono dunque generazioni infinite di originali.

La seconda, che è possibile creare numerose carte di queste informazioni copiate ed unite e che nessuna di esse è più fedele dell’altra.

De nouveaux espaces et de nouvelles cartes

Troverete sulla Rete carte semantiche, delle carte dove le relazioni di dimensione indicano l’intensità degli scambi, delle carte dove il raggio delle sfere indica il numero di copie di una news e certamente carte del mondo, rappresentazioni del mondo, che scelgono di rappresentare la libertà di creare.

Mi ricordo che in Francia, abbiamo avuto un’esperienza d’avanguardia a questo riguardo. Si tratta del Secondo Mondo e si è prodotto negli anni 95. Ma all’epoca, nel Secondo Mondo, non si poteva fare nulla a meno che l’editore non fosse d’accordo. Ciò che avviene con Second Life è diverso: il commercio è al centro di Second Life. Non soltanto il commercio mercantile, ma anche il commercio dei valori, il commercio degli affetti, e la libertà di fare e ricevere la valutazione degli altri.

Outil et espace

Per comprendere i fenomeni di affollamento e di perdita di tempo in linea, Stéphane Hugon, che dirige ora da sette anni il gruppo di ricerca sulle tecnologie ed il quotidiano, utilizza una bella teoria. Dice che le tecnologie in rete non devono essere viste come strumenti, ma come spazi. Molto prima del cielo, dei ponti e degli sfondi di Second Life, Stéphane Hugon parlava di paesaggi per parlare di Internet.

Se seguiamo la sua intuizione, non si va su Second Life per fare soldi, o supportare Jean-Marie le Pen. Nelle comunità “Fetish” che ho un po’studiato, c’e un sottomesso il cui avatar è immobilizzato in una specie di macchina, e non può né uscire, né muoversi, né parlare. E tuttavia il giocatore si collega ed osserva ciò che avviene attorno a lui, come lo fa nella sua vita di sottomesso fuori della rete. Va su Second Life per essere da qualche parte, libero di non fare nulla, poiché il luogo crea legame con gli altri.

Occorre credere che ci sia qualcosa di ludico nel semplice fatto di riprodurre e provare altri spazi. Concludendo, quando ho dichiarato il mio piacere di parlare italiano (che spero di non avere troppo violentato), in fondo non ero così lontano dalla mia conclusione. Poiché è questa cosa che provo a dire laboriosamente, questa idea che nel semplice fatto di abitare, investire un’altra lingua con le proprie parole o popolare un mondo virtuale di pareti, di strutture sociali, di valute e di valori fondiari, c’è un grande divertimento, un gioco con le relazioni, con le scale, che è molto umano. Credo che, per Calderon della Barca, ogni uomo sia una carta del mondo, credo che dica “un mondo in miniatura”.

È stato detto numerose volte che il tempo passato su World of Warcraft o Second Life, o in chat sia tempo perso, perché gli scambi che si svolgono sono vuoti. Penso al contrario che il fatto che questo tempo sia immenso è un messaggio in sè.

La politique

Un’ultima cosa. Avrete osservato che mi sono premurato di non parlare di politica. È che vorrei non dire altre castronerie (questa parola mi è stata suggerita ieri sera, e traduce il francese bétises…). In occasione delle elezioni presidenziali, il mio paese si è in maniera massiccia mobilitato per votare, per intensificare le voci della stampa e dei blogs, e falsificare i dati di Wikipédia a favore di tale campo o di tale altro. In questa mobilitazione, c’era una vera energia, una grande energia. Sospetto che quest’energia ha meno a vedere con il progetto politico che con un desiderio di essere-insieme. Di conseguenza, non mi stupisco di vedere la politica - alla stregua del poker o delle ricette di cucina - investire Second Life.

Mi ricordo di avere letto la domanda che un uomo stanco pose ad un protagonista del futuro. Il primo richiese che cosa è accaduto con i governi. L’altro rispose: « Secondo la tradizione, caddero gradualmente in disuso. Chiamavano alle elezioni, dichiaravano guerre, imponevano tasse, confiscavano fortune, ordinavano arresti e pretendevano di imporre la censura, e nessuno sul pianeta li ubbidiva. La stampa smise di pubblicare i loro articoli e le loro effigi. I politici dovettero cercare mestieri onesti ; alcuni diventarono dei buoni comici o dei buoni guaritori. La realtà sarà stata certamente più complessa di questo riassunto ».