Ca jacasse à Eranos. Sortez quelques minutes, décrochez, éloignez-vous, venez prendre un café dans un fauteuil rouge et discuter de ce que cela veut dire "être un bon contemporain", en regardant baisser la lumière.

Blog

  • sp_a0199
    Sur un kakemono, tous les secrets se voient.
    6 novembre 2008 (17:38)
  • 1 novembre 2008 (00:00)

    Le barbare est de ces notions qui se jouent des définitions. Et qui nécessitent, pour en parler, de croiser les regards. Rencontre avec Serge Moscovici.

    L’article sur le site des Cahiers européens de l’imaginaire.

  • blog_newmacbook
    13 octobre 2008 (17:20)
  • blog_mandala
    Ca tourne.
    3 octobre 2008 (18:05)
  • blog_ballmer
    En direct du Palais des Congrès, nous avons suivi Steve Ballmer présenter les résultats de l’étude qu’Eranos, main dans la main avec xxx, xxx, xxx et xxx a mené pour Microsoft.
    2 octobre 2008 (13:20)
  • blog_pic01820
    Intervenant aujourd’hui aux 5e assises du marketing, Stéphane Hugon répond aux Echos sur l’hypothèse d’une crise de l’acte d’achat, et sur les stratégies de réenchantement de l’acte de consommation.
    26 septembre 2008 (12:20)

    Le thème des 5es Assises du marketing est « redonner de la valeur à l’offre ». L’offre produit a-t-elle réellement perdu de la valeur et quelle en est votre lecture ?

    Jusqu’au milieu des années 1990, toute notre société s’est fondée sur une forte rationalisation et individualisation du consommateur. La société de l’usage et du besoin a produit de la mort et de l’ennui. Ce phénomène s’est accompagné d’une forte homogénéisation du commerce et a désenchanté la consommation en générant la lassitude. Il s’est aussi superposé à un mouvement sociologique plus profond, de désaffiliation, de rupture des racines. Ajouté à cela une crise des grandes religions, une crise du travail et une abstention politique, vous obtenez une soif d’enracinement et de reterritorialisation et une forte attraction pour l’irrationnel et le plaisir immédiat. Comme la nature a horreur du vide, le consommateur recrée une réponse en s’investissant avec excès dans l’envie et en se rendant en famille dans les centres commerciaux pour retrouver une appartenance au groupe. La force des centres commerciaux est d’avoir compris qu’il fallait produire du « être ensemble ».

    Il ne peut y avoir véritablement une crise de la consommation.

    Les gens ont soif de relation, dites-vous. Dans ces conditions, quel doit être le comportement des marques et des enseignes ?

    Le marketing d’aujourd’hui consiste à ritualiser l’événement communautaire de l’acte de consommer. D’où le phénomène de théâtralisation du point de vente, qui constitue un boulevard pour les marques. Il y a tout un marketing des signaux faibles à réinventer en s’appuyant sur des rites sociaux et païens, esthétisé et poétisé. Il faut produire de « l’avènement », selon la formule de Maffesoli. La dimension mystique de la consommation commence à émerger. Avant, elle n’existait que dans le luxe, qui l’a rendu opérationnelle avec ses mégastores. Aujourd’hui chaque marque doit créer son propre calendrier, pour retrouver de la différence et une sorte de granularité dans un monde devenu trop homogène.

    Partout dans les médias, il est question de crise de pouvoir d’achat. Croyez-vous à une véritable désaffection pour la consommation ?

    C’est le déficit relationnel qui stimule l’acte de consommer, comme une promesse communautaire. D’où ma conviction qu’il ne peut y avoir véritablement une crise de la consommation. La crise sociétale ne fera que stimuler la consommation dans son acte réparatoire. Sans doute le passage à l’acte sera différé, mais il demeure la jubilation d’en être. Plus la consommation ira mal, plus elle sera chargée d’une dimension forte.

    Source : Les Echos.

  • blog_detournement
    Les réactions face aux premiers détournements de l’iPhone témoignent des nouveaux comportements, et des aberrations générées par le Web social.
    29 août 2008 (17:11)
    1. je suis une grande compagnie qui investit des millions dans un système de protection numérique pour un produit de grande valeur stratégique
    2. je suis une bande potes qui investit des nuits dans le fait de la hacker, et qui y parvient
    3. je suis un malin de l’avant dernière pluie, au sein de cette bande de potes, et je monte une boîte pour vendre le hack
    4. je suis la communauté des internautes qui crie au scandale face à l’abjection de “vendre un hack qui pourrait nuire au hacké”
    5. je suis la grosse compagnie et j’envoie mes avocats
    6. je suis la petite boîte et je suspends mon hack

    Solution 1 : je suis la petite boîte et je trouve finalement un moyen de rentabiliser financièrement mes nuits, je mets le hack en circulation contrôlé (je le protégée contre le hacking pour qu’il ne se répande pas sans moi : je m’assure la propriété de mon vol).

    Solution 2 : je suis la petite boîte, j’en ai marre et la taille de la grosse boîte me force à abandonner l’idée de rentabiliser le hack, et je le mets dans le domaine public (je le donne au plus grand nombre).

    Conclusion : tout le monde peu bénéficier “de fait” d’une innovation privée si l’adversaire légal est imbattable “en droit”, car les canaux de diffusion ont abattu les personnes morales et l’idée de responsabilité (impossible d’attaquer le canal pour la diffusion du hack). Les échanges sur internet reposent donc sur la logique Kafkaïenne de l’innexistance de la source et de la multiplicité des causes.

  • carte_media
    L’imaginaire participe de la « construction sociale de la réalité ». C’est par la médiation des images que l’être humain donne du sens à son rapport au monde. Ses activités sont orientées par les représentations qu’il se fait du monde social. Ainsi, l’enjeu d’étudier les représentations et les imaginaires est d’accéder aux principes organisateurs des conduites individuelles et des cultures de groupe.
    30 juin 2008 (02:49)

    Ces ensembles d’images ont un caractère éminemment collectif. Une société complexe comme la notre est composée de multiples groupes et mondes sociaux, qui développent chacun leur imaginaire, dans lequel les conduites individuelles trouvent leur fondement.

    La profondeur se cache à la surface des choses.

    Ces imaginaires de groupe s’inscrivent à leur tour dans des imaginaires sociétaux, des grandes tendances de fond qui marquent l’époque et impriment leur mouvement aux phénomènes sociaux actuels, des plus massifs aux plus anodins.

    Les actes quotidiens, qui peuvent sembler fivoles, les rassemblement festifs, les biais de langages et les nouveaux mots, sont en fait révélateurs de mouvements plus profonds. La profondeur, disait Nietzsche, se cache parfois à la surface des choses. 

    Les logiques communautaires

    Les conduites individuelles trouvent leur principe dans des logiques collectives. L’individualisme apparent des sociétés modernes est en fait sous-tendu par des appartenances communautaires. La fréquentation d’un même lieu, l’amour pour un même objet culturel ou encore le partage d’une même passion sont fondateurs d’un sentiment d’appartenance.

    C’est autour d’objets, de pratiques et de lieux partagés que les groupes sociaux se constituent. Ces objets fonctionnent ensuite à leur tour comme des symboles par lesquels les groupes sociaux se représentent leur unité sous une forme sensible.

    Ce sont ces logiques communautaires et ces activités de symbolisation qui sous-tendent les pratiques de consommation, les styles de vie ou encore les modes d’appropriation des espaces.

    La ritualité

    Bon nombre de phénomènes de la vie sociale, des pratiques les plus banales et ordinaires (tels que les actes d’achat et les gestes de la vie quotidienne) jusqu’aux plus exceptionnelles (telles que les pratiques transgressives et les moments festifs) relèvent de la ritualité.

    La compréhension de ces comportements implique alors de les aborder comme des conduites socialement réglées et portant un sens symbolique pour la communauté qui les accomplit. Les rites participent à la fondation des groupes sociaux comme tels tout en témoignant de leur rapport original au monde.

  • Fort de son ancrage universitaire, Eranos mobilise les savoirs sociologiques pour répondre à vos questionnements.
    0 juin 2008 (00:00)

    Pour chaque étude, Eranos met en œuvre une ou plusieurs méthodes pour recueillir des données, pénétrer un monde social, comprendre un public. Chaque questionnement implique en premier lieu d’explorer la thématique, le phénomène social, le public ou le marché concerné avec des techniques ad hoc : recherches documentaires et iconographiques, entretiens, focus groupe, observations. C’est la vocation des méthodes.

    Eranos mobilise les savoirs sociologiques pour répondre à vos questionnements.La réalité sociale est faite de différents niveaux : réalité vécue (mœurs et pratiques), réalité formalisée (textes officiels), réalité représentée (imaginaire et idéaux collectifs, productions culturelles). L’imaginaire ne s’oppose pas au réel mais en est pleinement constitutif. Les comportements individuels sont orientés par des valeurs, des normes et des représentations. Celles-ci sont, dans le cadre d’une société de plus en plus fractionnée en mondes sociaux pluriels, souvent propres à un groupe, une classe d’âge, un milieu social. Les comportements sociaux et de consommation s’inscrivent dans des imaginaires de groupe et dans des imaginaires sociétaux plus englobants. Eranos privilégie les méthodes aptes à saisir ces aspects.

    Entretiens

    Les entretiens ont pour vocation d’obtenir un discours sur les pratiques vécues, qu’il s’agisse des comportements d’achat, des relations entretenues avec une institution, des représentations d’une marque, etc.

    Les entretiens permettent d’accéder à la perception des conduites, d’explorer les catégories évaluatives, les régimes de valeurs, les principes à l’origine des conduites, les représentations et significations accordées aux pratiques.

    Focus groupe

    L’enjeu de cette méthode est de rassembler une population précise (un groupe d’âge, un public, une clientèle) et d’exploiter la dynamique propre au rassemblement en groupe.

    Le focus groupe confronte un public à des projets ou prototypes (un service en ligne, un scénario d’offre, etc.), et permet ensuite de ramener cette expérience à des tendances sociétales majeures, afin d’en mesurer la pérennité, au-delà de l’expérience du groupe. 

    Observation

    L’observation permet d’accéder à la réalité non formalisée, non conscientisée, à tout ce qui « va de soi » dans un groupe ou un milieu social. Elle permet aussi de prendre en compte l’influence et le rôle du cadre naturel des activités, des formes matérielles de la culture (instruments, objets, lieux, organisations spatiales, techniques).

    Accéder à la réalité non formalisée, non conscientisée, à tout ce qui « va de soi ».

    L’observation peut-être « in situ », lorsqu’il s’agit de se rendre sur les lieux habituels de l’activité et d’observer les personnes en situation sans intervenir sur le déroulement ordinaire des événements. Elle peut être « participante », lorsqu’il s’agit pour le chercheur de s’intégrer à l’institution ou au groupe étudié et de prendre part aux activités, afin d’approcher au plus près le sens qu’il accorde à ses pratiques, les valeurs de ses actes. Elle peut encore être éthologique pour réaliser une analyse comportementale.

    Certains publics et phénomènes sociaux appellent particulièrement cette méthode, tels que les milieux sociaux hermétiques, les populations marginales, les pratiques illégales.  

    Recherches documentaires et iconographiques

    Les recherches documentaires et iconographiques consistent à réaliser des synthèses bibliographiques et des banques de données d’images.

    Les recherches documentaires permettent de rassembler les savoirs relatifs à une thématique, un phénomène social, une institution, un lieu, etc. Les recherches iconographiques permettent d’accéder aux imaginaires et représentations en étudiant les productions culturelles relatives à un phénomène, tels que films, littérature, photographies, illustrations.

    Eranos mobilise également les acquis de la sociologie visuelle en envisageant les images photographiques et audiovisuelles comme de véritables outils d’analyse sociologique.

  • blog_virginiatech
    Formes et formats des phénomènes extrèmes.
    14 mai 2008 (17:10)

    La tuerie de Virginia Tech est peut-être malheureusement banale. Banale, car elle échappe à l’exception, elle nous est secrètement familière. Car c’est en fait toute notre société qui est anagrammée dans cet événement.

    Car c’est en fait toute notre société qui est anagrammée dans cet événement

    Pour le comprendre, il faut jeter un regard cru sur notre société. Plus que toutes les autres générations, les jeunes d’aujourd’hui ont construit leurs relations sociales et leur perception du monde par le biais de l’objet technique, et plus particulièrement sur l’inclusion de l’image. Que ce soit par la télévision, l’Internet et les écrans mobiles, en plus du quatrième écran cinématographique. Ceci est une évolution classique - et peut-être un marqueur de la société moderne – mais elle atteint ici un point critique qui laisse penser que les comportements et les imaginaires sociaux opèrent une transition majeure dans notre histoire culturelle.

    La place de l’image, devenue prépondérante, apporte avec elle une immédiation et une rapidité d’impact que le texte avait maintenues en lui et ralenties. On sait bien que la réception de l’image est synchrone (consommée en une seule fois), et qu’elle prédispose à la séduction, à la sidération ou à la fascination. Et invalide donc la dimension critique et rationnelle de nos modes de lecture et d’intellectualisation – on parle de la lenteur logique du texte. L’Eglise connaissait cette puissance de l’image, et – bien que l’utilisant largement – aura toujours une attitude de suspicion et d’invalidation iconoclaste. L’interdiction de représenter la déité, et le statut ontologiquement secondaire de l’image, sera majoritaire dans les grands monothéismes.

    Car avant tout, le jeune forcené de Virginia Tech s’est glissé dans un modèle, un cadre. Les sociologies de la déviance connaissent bien cette logique, la marginalisation sociale se construit avec et par un imaginaire de la marge. C’est par la reconnaissance croisée de la centralité et de la marge, processus souvent salvateur des sociétés, que le marginal conforte la norme et inversement. Et ce regard croisé se fait par la mobilisation de figures idéaltypiques et de la réactivation de celles-ci. Ainsi pour Cho Seung-Hui qui, au-delà du déséquilibre manifeste, emprunte des formats déjà présents, des cadres sociaux implicites. Une figure de rebelle, de mercenaire, avec des codes vestimentaires, gestuels, une scénarisation, un attendu, une construction médiatique, un après, etc. Tant et si bien, que pour entrer dans le rôle du personnage, pour assumer ce rôle pour ainsi dire, le protagoniste de l’affaire devra effectuer ce rite d’identification qui passe par le regard des autres, par image interposée. Construire son personnage, le diffuser auprès des autres.

    La figure du tueur existe déjà avant l’apparition de l’événement dont il n’est qu’une occurrence.

    La figure du tueur existe déjà avant l’apparition de l’événement dont il n’est qu’une occurrence. De même, notre configuration médiatique et relationnelle permet aujourd’hui de remarquer la préexistence potentielle du réel avant sa manifestation. Inversement, un événement qui n’emprunte pas une forme connue pour sa manifestation n’accèdera jamais à la formalisation, et la publicité, au premier sens du terme. Et chez ces jeunes qui ont structuré - et se sont structurés eux-mêmes – sur des formats d’apparition - des formats qui sont également techniques -, il est clair que toute forme d’apparition est une réapparition, tout événement est un rappel et une réactivation, et que le système de production et d’échange d’image est largement imprégné de cette logique. La forme est formante dit parfois Michel Maffesoli . Entendons ici cette idée dans le fait que la tuerie de Virginia Tech s’est rendue possible, hormis par la décision d’un homme, par le partage collectif à un moment donnée d’un imaginaire latent, cristallisant sur un format et une rhétorique de production et de diffusion de contenus.

    Il est probable que cet événement vient entériner d’autres phénomènes plus discrets et qui constituent le quotidien des échanges sur l’Internet. Pensons à la manière dont les échanges sur les chats et blogs ne se construisent non pas sur la construction individuelle d’un discours, mais bien sur la participation à un événement collectif, sur la base du partage de grandes images structurantes et socialisantes, et que l’artefact technique vient révéler.

    Des formes sociales qui donnent à être. Ceci était déjà très vrai dans le contexte de la télévision dès les années 85-90 – souvenons-nous de la néo-tv dont parle Umberto Eco . La tuerie vient donc de créer son genre, sur la base d’un imaginaire en gestation, et dont les formats d’expression sont donc déjà opérationnels. Si le genre est créé, attendons-nous à sa réactivation.